Déclaration du Tocsin sur le surprenant incivisme du Conseil National des Burkinabè de Côte d’Ivoire (C.N.B.C.I.)
opinion
Arouna SAVADOGO - Commandeur de l’Ordre du Mérite
14 Jan 2018
Le 24 novembre dernier, l’Association le Tocsin faisait une déclaration dans laquelle elle fustigeait le grave dérapage d’un Burkinabè de l’intérieur à l’encontre des Burkinabè de l’extérieur, en particulier de la Côte d’Ivoire. Nous voici aujourd’hui obligés de réagir suite à la « déclaration du Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire (C.N.B.C.I.) sur les propos radiophoniques de Yacouba Isaac Zida. » Ce qui nous désole dans ladite déclaration, c’est le caractère excessif de certaines observations et recommandations. Les Burkinabè ont diversement apprécié l’opportunité de cette sortie du Premier Ministre ZIDA tout en se gardant de jeter en pâture l’autorité étatique qu’il incarne. Certains aspects de votre déclaration donnent à réfléchir, voici quelques morceaux choisis :
« Le CNBCI soupçonne le Premier Ministre Yacouba Isaac Zida de vouloir mettre à mal les
relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso en instrumentalisant l’enquête sur ce coup
d’Etat. »
« Mais cela n’est guère étonnant dans la mesure où durant la transition les autorités nous ont habitués à des déclarations populistes et foncièrement contre-productives pour le Burkina Faso. »
En vous en prenant publiquement et avec un tel ton à une autorité de votre pays sur une question aussi délicate entre ce pays et votre pays d’accueil, vous prenez le risque de prendre parti. N’oublions pas cette sagesse africaine : « On ne lapide pas son pays avec un caillou mais plutôt avec une motte de terre. » ou encore celle-ci : « On n’indexe pas son village avec la main gauche. »
Pourquoi charger tant les autorités burkinabè, fussent-elles de transition ?
Et si d’aventure au terme de l’expertise de vérification d’authenticité et de la procédure
judiciaire les propos du Premier Ministre ZIDA s’avéraient exactes, sauriez-vous
blâmer les autorités ivoiriennes au même degré pour la gravité des accusations à elles lancées ? Au moment où nous achevons ces lignes, nous prenons connaissance de cet autre son de cloche venant de cette même diaspora intitulé : « Ecoutes téléphoniques : Le N23 condamne les déclarations de certains Burkinabè de la diaspora »
Alors, en attendant que la procédure judiciaire aboutisse et dans nos positions de citoyens lambda ou d’Organisation de la Société Civile éloignés des appareils sécuritaires, judiciaires, politiques et diplomatiques, ayons la modestie de mesurer nos analyses. Dans la même veine, témoignons plus de respect et de réserve aux autorités qui ont reçu des acteurs de l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et de la résistance à la tentative de coup d'Etat des 16 et 17 septembre 2015, des charges d'Etat aussi inattendues que lourdes. Après tout, cette Transition était notre affaire à tous, Burkinabè, et nous devions tous y contribuer de la manière citoyenne la plus positive.
Pour l’Association Le Tocsin
Le Président du bureau exécutif
Ouagadougou, le 16 décembre 2015
LE TOCSIN
Récépissé n°97-173/MATD/SG/DLPAJ du 15 juillet 1997
Association reconnue d’utilité publique
Chevalier de l’ordre du mérite burkinabè
Personnalité francophone en 2004